la seve et le givre, roman de lea silholAprès la relecture de Musiques de la Frontière, j’ai enchainé par La Sève et le Givre toujours de Lea Silhol. Je n’avais jamais fait attention mais on trouve des références à l’univers de Frontière avec entre autres l’utilisateur du Glamour et la référence à la Cour de Seuil, 3ème cour de la clarté Crepuscule. Il est même indiqué qu’à l’époque du roman, Seuil n’a pas de monarque car le prix à payer est trop important … on retrouve pratiquement mot pour mot cette phrase dans Musique de la Frontière dans l’histoire de Shade, le régent de Seuil.L’histoire de la Sèvre et du Givre

Quand Finstern, Seigneur Unseelie immortel de la Cour d’Ombre du royaume de Féerie rencontre les Parques, les trois déesses tisseuses du destin, elles lui promettent deux choses : L’amour pour celui dont le cœur était jusque là demeuré clos à tout sentiment et le reniement. Par trois fois, Finstern devra se renier, mais aussi renier les siens et par trois fois celle à laquelle il sera lié par les liens indéfectibles de l’amour devra se renier pour lui.

Elle, se sera Angharad, fille d’une Dryade née du Printemps et de Frost, Seigneur du Verglas et fils de la toute puissante Reine des Neiges. Mais pour donner naissance à un enfant, les fées nécessitent l’intervention d’un mortel. Alors la Dryade prendra la vie de l’un d’entres eux pour donner naissance à une fille, fruit de l’amour entre l’Hiver éternel et le Printemps, une enfant à la dureté de la glace et à la douceur de la reverdie. Mais la vieille mère du mortel dont la semence a été prise au prix de sa vie appliquera par vengeance la terrible loi du talion à l’égard des fées coupables : “Ton enfant pour mon enfant, et ma vengeance est consommée.”

Mais la petite ne sera pas tuée, elle sera seulement perdue pour ses parents. Et seul l’intercession de la Reine des Neiges donnera à l’enfant une unique chance de se retrouver et de regagner ses racines merveilleuses ainsi que le destin exceptionnel qui lui est promis : trois échardes de glace, les larmes de Frost, plantées dans son cœur. A chaque larme fondue, Angharad se rapprochera un peu plus de sa nature et de son amour, celui, éternel et profond comme seules le savent les créatures de Féerie, qu’elle portera à Finstern, le seigneur maudit.

Et c’est un destin jonché de nombreux obstacles, d’élans avortés et de rencontres manquées qu’Angharad, la belle et énigmatique jeune femme aux yeux et aux cheveux de glace et au coeur emplis de chaleur, et le superbe Finstern, débordé par ces sentiments nouveaux que sont l’amour et la passion, devront affronter afin d’être réunis, ou du moins se reconnaître.Fantastique roman de fantasy plein de magie, de poésie et de merveilleux, la Sève et le Givre est avant tout un splendide hommage au genre. Dans un style et une narration fondés sur la dualité et l’affrontement des contraires tels que l’ombre et la lumière, les forces du printemps et celles de l’hiver, mais aussi le Bien et le Mal, Léa Silhol croise et dénoue toute une tradition de légendes, de mythes et de contes merveilleux afin de créer un univers à la fois dense et poétique.
Dense et poétique comme l’est d’ailleurs le style de l’auteure, plein d’emphase et d’amplitude, forgé par l’accumulation d’adjectifs et à grand renfort de termes alternant entre complexité et légèreté. Certains lecteurs pourront être déroutés, voire ennuyés par cette prose toute en précision, ciselée comme un véritable joyau, mais cela fait aussi partie de la beauté et de la force de cette oeuvre somptueuse et extrêmement sophistiquée.

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