Affiche de 5 filles couleur pêcheVéritable bonne surprise de ce cru 2008 du Festival d’Avignon : 5 filles couleur pêche, une pièce de Alan Ball avec sur scène Vanessa Aiffe, Marguerite Dabrin, Armelle Gallaud, Delphine Herrmann et Isabelle Sempere.

Alan BALL (”American Beauty”, “Six Feet Under”) dresse la critique acerbe d’une société qui oscille constamment entre puritanisme et pornographie.

Dans une Amérique Bourgeoise et décadente décrite au vitriol, cinq filles se retrouvent demoiselles d’honneur d’un mariage qu’elleS finissent par boycotter. Alan BALL (”American Beauty”, “Six Feet Under”) dresse la critique acerbe d’une société qui oscille constamment entre puritanisme et pornographie.

Dès le début, le ton est donné : un grand panneau sur le devant de la scène, rempli de petites ouvertures d’où jaillissent les personnages : de petites filles au maquillage très “KISS” s’interpellent sur la drogue, le sexe, l’éducation. Le rythme est de suite très soutenu, tout s’enchaîne très vite.

Les comédiennes sont drôles, émouvantes et énervantes à la fois : une technique irréprochable et juste. Aucune n’est mise en valeur par rapport aux autres, toutes ont leur place et leur caractère.

Très vite, le grand panneau cède la place à une chambre d’enfants. Les 5 filles ont la taille d’enfants d’une dizaine d’années, c’est drôle et bien trouvé. On se croirait dans un tex avery où l’absurde côtoie le caustique. La scène est riche de détails sur lesquels on pourrait faire l’impasse facilement : les “gamines” sont à bloc tout le temps, même en arrière-plan ou sur le côté. Bref, la mise en scène est audacieuse, pour ne pas dire insolente : c’est un régal.

A voir absolument !

Article de La Depeche

Nous sommes dans l’ Amérique profonde. Celle des puritains, ou bien des névrosés pas assumés. Mais il y aussi dans cette Amérique-là des gens à l’énergie débordante. Et c’est bien le génie de la pièce.
Dans le décor feutré du théâtre de l’Etincelle, ces cinq femmes “made in usa” dissertent sur leur univers. Il y a d’abord la très croyante. Elle ne comprend pas le monde qui l’entoure, feint de ne pas l’accepter. A l’inverse, vous avez sa compère, jeune femme libertine aux accents teintés de vulgarité latente. Puis il y a les trois dernières. Toutes en mal d’amour, les voilà pourtant demoiselles d’honneur à un mariage. Soif de liberté, contradiction, quête d’absolu. Entre pudibonderie et pornographie névrotique, cette pièce caricature une certaine réalité américaine. Mais toujours avec cette caractéristique d’outre-atlantique, l’optimisme.

Mots-clés :