Et voila … Cyborn, c’est fini ! L’apocalypse a tout niqué, merci Ombre et Lumière de ce feu d’artifice, de ces morts par dizaines, de ces cités ravagées … Voici le dernier CR que tout le monde aura recu :Le craquement du bois trop abîmé fut assourdissant. Les navires s’échouèrent sur la plage ou un peu plus haut, sur les berges du fleuve, leurs coques s’émiettant sur le sable.Le bruit horrible fût pour nous tous… un réveil brutal: le point de départ d’une nouvelle vie. Et pour cette vie, pour tout ce peuple d’exilés, il nous fallait tout d’abord un abri.Autour de nous, tout était silencieux, mais nous ne nous attendions point à autre chose. Après tout, nous étions, pensions-nous, les seuls survivants. Nous mêmes, ne parlions plus. Trop faibles et surtout habitués depuis trop longtemps à ne plus parler durant cette traversée.
Le froid était cinglant, jamais nous n’en avions connu de tel… et nous étions faibles, peut-être trop pour supporter de telles températures. Finalement notre débarquement, au prix des navires échoués, était-il notre dernière erreur ?
Le vent glacial était chargé de flocons, et le sol couvert d’une épaisse neige.
Un à un, nous réussîmes tout de même à nous dresser sur nos jambes fragiles et meutries et nous nous éloignâmes de la côte, au hasard… Chaque pas était une torture, tant nos corps étaient épuisés et marqués par le passé. Nous n’avions quasiment plus de vêtements sur nous alors que le froid était mordant. Les armes ou autres objets que nous possédions n’étaient plus que des masses informes, fondues, rouillées, brisées sur les planches déchiquetées du navire. Il faisait un froid glacial et ces haillons et ces couvertures ne nous couvraient pas assez…
Beaucoup avaient péri au cours de cette infernale traversée. Pour la plupart, nous n’avions pu conserver les corps à bord des navires, mais nos disparus les plus récents purent trouver une digne sépulture en ces terres glacées. Ensuite, sans réelle direction, nous nous éloignâmes des carcasses des navires. Nous remontions lentement le long des berges du fleuve, et le froid était toujours aussi présent. Là encore, d’autres compagnons tombèrent pour ne jamais se relever…
Comme au sortir d’un long sommeil, notre mémoire était quelque peu embrumée et nos souvenirs sont maintenant vagues. Comme un autre rêve après un horrible cauchemar. Peut-être rien de tout cela n’a-t-il réellement eu lieu d’ailleurs? Serions-nous arrivés ici simplement par chance? Et quand ce que nous appelons notre “autre vie” aurait-elle eu lieu? Et surtout où? N’y a-t-il pas, au delà de ces rivages, une étendue infinie d’eau? Un océan impitoyable et sans limite?
Pendant quelques temps, nous avons erré, campant toujours près du fleuve. Notre nourriture s’est peu à peu enrichie de plantes et de viandes alors que nous nous familiarisions lentement avec la faune et la flore…
Malgré le froid, le temps passé en nomades fût un temps de convalescence. Lentement, nous reprîmes des forces. Nous nous rééquipâmes, en vêtements d’abord, et en armes pour chasser ensuite.
Puis vint un jour, où nous poussâmes notre exploration un peu plus au nord, quittant les berges du fleuve. Et ce fût le premier contact…
Nous vîmes sur les pentes d’une colline enneigée, deux créatures qui glissaient sur une planche de bois… comme des elfes en plus petits, ou des farfadets peut-être, en plus épais… Ils se présentèrent comme étant des glyshs, dans un langage que quelques linguistes purent comprendre, au bout de quelques mois. De même les rares linguistes glyshs apprirent la langue commune, avec un accent des plus étranges. Et ils avaient un petit village. Les contacts entre nos populations hétéroclytes et la leur fûrent des meilleurs, nous permettant par ailleurs de prendre conscience que nous n’étions plus les seuls en ce monde.
Les mois passèrent encore et les relations devinrent amicales. Puis un jour, nous rencontrâmes un nain indigène: un nirzhad. Les relations entre ce nouveau peuple et nous, furent respectueuses, sans toutefois être aussi bonnes qu’avec les glyshs.
Puis, au détour d’une conversation, nous apprîmes l’existence d’une cité… une cité abandonnée par les nirzhads à cause d’une terrifiante créature. Lassés de notre vie nomade, un marché fût alors conclu avec eux: si nous pouvions reprendre la cité, elle serait nôtre, tout en autorisant les nirzhads à y être toujours les bienvenus et à y commercer.
Notre route nous mena dans une chaîne de montagnes, et bientôt nous fûmes aux portes de cette cité. Une épaisse muraille dont la grande porte était éventrée…
Là, nous avançâmes prudemment…
Un cours d’eau ruisselait et nous vîmes l’entrée de cette ville souterraine, une grotte dans la paroi de la montagne où nous nous engouffrâmes…
Et quelle ne fut pas notre surprise! Là, juste après l’entrée de la grotte, une gigantesque créature reptilienne semblait se reposer… A notre arrivée, elle se réveilla et gronda… et nous engageâmes le combat…
Il fût bref. Nos armes sommaires et nos torches eurent raison de la bête très rapidement… Trop en fait. Certains d’entre nous supposèrent que ce genre de créature était en étroite relation avec le monde invisible, et que par le fait, elle se trouvait déjà agonisante à notre arrivée.Nous n’avions donc eu qu’à l’achever. Cette théorie fut confortée par le fait que le cadavre de la créature se transforma spontanément en un amas de givre avant d’exploser en une myriade de cristaux d’eau.
C’est après ce spectacle époustouflant que nous nous installâmes dans la cité, oubliant peu à peu le passé et ses horribles visions…
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